05 février 2010

Twitter , Facebook , les réseaux sociaux et les journalistes

journaliste_twitterEric de Crise dans les médias s'interrogeait sur les journalistes et le réel. J'ai lu son billet aujourd'hui.
Je trouve qu'il y a une certaine résonance avec l'expérience - Huis Clos sur le Net - menée par plusieurs journalistes francophones enfermés dans un gite dans le Périgord ( voir leur blog ). Je ne sais pas si cette expérience a un intérêt réel. Mais je m'éloigne.

Il me semble que la conclusion est connue d'avance quand on est journaliste et qu'on se lance dedans: les medias traditionnels restent incontournables. En même temps je pense exactement la même chose: Twitter et Facebook lus avec assiduité pendant toute une journée ne peuvent remplacer une page d'analyse du Courrier International par exemple. Mais je m'éloigne.

Bon l'autre conclusion qui s'impose c'est que les journalistes n'ont plus le monopole de l'information. En fait, ils ne l'ont jamais eu. Tout au plus pouvaient-ils prétendre au monopole de la diffusion de l'information. En fait, ils ne l'ont jamais eu non plus.Tout au plus pouvaient-ils prétendre au monopole de la diffusion de l'information à une grande échelle. Mais je m'éloigne.

Ce qui est intéressant ce sont les informations retenues par les journalistes naufragés volontaires de l'information:

1/ L'information internationale serait la grande oubliée des twitteriens. Pourtant elle est fort souvent évoquée par ceux que je "followe". Certes ce sont des brèves de 140 caractères mais les évènements iraniens, le séisme à Haïti,... sont bien présents sur Twitter. Je m'étais étonné de la faible place qu'occupait le Honduras au moment où l'ancien président élu était réfugié à l'ambassade du Brésil, franchement sur les grands médias traditionnels qu'elle était la part laissée à la crise hondurienne? Mais je m'éloigne.

2/ Les gens parlent d'eux. Oui, il neige, il fait froid, on entend un bruit bizarre à Lille et on le twitte. Quand on allume sa télévision, il neige tout autant et les routes sont bloquées, il fait tout aussi froid et les faits divers sont tout aussi relayés.Mais je m'éloigne.

3/ La politique se résume à de la "polipeopolisation" (contraction de "politique" et de "people") et à une suite de clashs plus ou moins orchestrés. Les tenues de Carla Bruni n'occupent effectivement jamais la une des médias, les émissions politiques ne sont jamais l'occasion de voir en direct des hommes politiques s'invectiver? Mais je m'éloigne.

Twitter, Facebook et l'ensemble des réseaux sociaux sont à l'image du bruit médiatique (qui n'est pas créé par ces réseaux sociaux).

Quand je lis la conclusion de Benjamin Muller je reste un peu perplexe: "Pour ce qui est d’un enseignement clair et général, je dirais, après cinq jours "d’enfermement", que twitter/Facebook et les médias classiques ne sont pas à opposer. Ces deux réseaux sont complémentaires. En clair, l’un informe, l’autre relaye."

Si l'autre relaye, c'est que les informations données à la base (voir 1/, 2/ et 3/) ont exactement les mêmes défauts: faiblesse de l'intérêt porté à l'actualité internationale dans les médias traditionnels, volonté d'être proche des gens et traitement de la politique qui oublie les idées, les dogmes, les idéologies pour une simple communication.

Mais je m'éloigne.

Source de l'image: La Tribune de Genève

Posté par ferocias à 19:27 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Twitter , Facebook , les réseaux sociaux et les journalistes

    mur du çon 2.0 ;-)

    J'ai failli commenter la note d'Eric Mainville, et finalement je me suis abstenu. Peut-être trop de portes ouvertes enfoncées Je suis assez d'accord en revanche avec celle-ci. Mais ce qui m'effraie le plus, ce sont les journalistes d'aujourd'hui, du moins certains. J'ai entendu ce matin Benjamin Muller commenter son "huis clos" et en particulier l'épisode du "boum de Lille", déclarant en substance que soudain Twitter s'affole, tout le monde relaie, pose des questions et propose des réponses, explosion, accident, etc. et il finit par dire que c'est un avion qui a passé le mur du son... Mais ajoute, et c'est là que c'est grave, que malgré tout Twitter était en avance sur France Info en relayant l'événement ! Quel événement ? on a entendu un boum parce qu'un avion a passé le mur du son ? c'est risible et en même temps à pleurer, devant l'abaissement de la presse dans ce jeu. Je blogue depuis 5 ans, Facebooke depuis 2 ou 3 (je crois), Twitte depuis un 1 an, et mon boulot est d'implanter le 2.0 dans mon entreprise. Mais aussi je lis le Monde depuis 30 ans et continue à le lire, en espérant qu'il y aura encore longtemps de vrais journalistes pour y écrire

    Posté par parisbanlieue, 05 février 2010 à 20:30
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